Histoire de la gendarmerie

Les origines de la Gendarmerie ne sont pas définies précisément par les historiens. Elle a une longue histoire qui débute au Moyen Âge, en 1190, selon certains, avec la création des “sergents d’armes”. D’autres estiment qu’elle est née au XIVème siècle durant la Guerre de Cent ans. Ses premiers ancêtres sont la Connétablie de France et la Maréchaussée. Le connétable déléguait ses pouvoirs à des maréchaux qui, eux-mêmes, s’appuyaient sur des prévôts. Il s’agissait déjà de forces militaires chargées de l’ordre public. Initialement, la Maréchaussée avait pour mission de contrôler les gens de guerre (notamment des mercenaires) qui, pendant et après la Guerre de Cent Ans, formaient, au gré des circonstances, des bandes de pillards qui dévastaient la France.Le gendarme à cheval

Sous l’Ancien Régime (du XVème siècle à 1789), deux dates importantes sont à retenir. En 1536, l’édit de Paris étend le domaine de compétences de la Maréchaussée : elle peut poursuivre d’autres criminels que les gens de guerre. La dualité (force militaire et civile) de la Gendarmerie naît peut-être à ce moment-là. En 1720, les maréchaussées sont réorganisées de manière plus rationnelle, les effectifs étant répartis en brigades sur tout le royaume. Néanmoins, ces effectifs sont relativement faibles puisque, en 1779, elle compte 3 300 hommes pour 26 millions de Français environ.

A la Révolution, en 1791, la Maréchaussée reçoit son nom actuel de Gendarmerie nationale et, afin de respecter la séparation des pouvoirs, elle perd les quelques missions de justice qu’elle détenait jusqu’alors. Dès sa création, elle est sous la tutelle du ministère de la Guerre (l’actuel ministère de la Défense). Sous le Consulat et l’Empire, la Gendarmerie occupe une place de premier plan dans le dispositif militaire de Napoléon Ier ; en effet, elle dispose à cette époque d’une Inspection générale (l’ancêtre de la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale) qui fut supprimée après la fin de l’Empire (sous la Restauration, en 1815). Entre 1815 et 1848, le pouvoir royal se méfie de cette institution issue de la Révolution et considérée comme étant bonapartiste. Elle revient en grâce sous Napoléon III (et aussi sous la IIIème République) : les effectifs sont augmentés ; son caractère militaire est réaffirmé. La Gendarmerie s’organise peu à peu mais il faut attendre la fin de la Première Guerre mondiale pour qu’elle prenne véritablement son essor. C’est d’ailleurs à cette époque que des forces de Gendarmerie mobile sont créées. En 1920, une direction autonome de la Gendarmerie est créée au sein du ministère de la Guerre.

L’occupation, pendant la seconde guerre mondiale, est, pour la Gendarmerie, comme pour toutes les autres institutions, une période délicate. L’institution, dépendant du régime de Vichy, est contrainte de collaborer avec l’occupant. Toutefois, on assiste, en de nombreux lieux en France, à des actes de résistance de la part de gendarmes et d’officiers. Dans les années 70, la Gendarmerie se modernise avec, entre autres, la création des brigades de recherches (BR), du GIGN et une féminisation des effectifs.

A partir de 2002, sans perdre son statut militaire, la Gendarmerie se rapproche du Ministère de l’Intérieur et, en 2009, la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale quitte le Ministère de la Défense pour se rattacher au Ministère de l’Intérieur où elle rejoint la Police nationale et les sapeurs-pompiers. En 2011, des passerelles entre les corps de sous-officier de Gendarmerie et de gardien de la paix de la Police nationale sont mises en place. Cette évolution suscite d’ailleurs de nombreuses interrogations de la part des gendarmes qui attachent beaucoup d’importance à leur statut militaire.